Histoire de la chaussure à Romans : Stephane Kelian
En 1979, le succès grandissant rend nécessaire la construction d’une deuxième usine à Bourg de péage. La production atteint 250 000 paires par an en 1984. La distribution s’organise alors entre boutiques exclusives, exportations, et vente auprès de détaillants multimarques. Des collaborations avec des créateurs renommés comme Jean-Paul Gaultier et Claude Montana renforcent l’image de marque.
En 1985, la Société Stéphane Kelian entre en Bourse, facilitant l’expansion internationale avec notamment la création d’une boutique à New York et d’un showroom aux États-Unis. La marque “Stéphane Kelian” devient ainsi synonyme de qualité et de mode dans l’univers de la chaussure haut de gamme. L’entreprise connaît un développement rapide et compte 700 salariés en 1990.
Histoire de la chaussure à Romans : Mosquito marque du groupe Kélian.
Lancée en 1988, la marque Mosquito reprise par le groupe Kélian devient en moins de 10 ans l’une des plus connue du marché français dans le créneau mode pour la femme moyen/haut de gamme ; C’est un produit dont la vocation est de se situer dans la tendance des grands mouvements sociaux-culturels du temps.
Avec la mondialisation et l’arrivée de l’Euro, Stéphane Kélian prend conscience de la difficulté d’assumer la pérennité de la société. Dès 1995 Stéphane Kélian présente un dossier aux grandes maisons de luxe, espérant pouvoir s’adosser à l’une d’entre elles, comme gage de pérennité. Malheureusement la présence d’une usine à Romans de 700 salariés, fait que les dossiers sont systématiquement refermés. A défaut d’autres solutions, Stéphane Kélian vend une partie de ses actions à un pool bancaire. Simultanément, il présente sa démission en tant que PDG tout en gardant la responsabilité des collections et du développement commercial.
Alors qu’avant l’arrivée des nouveaux actionnaires, la société était florissante et dégageait des résultats très performants, les nouveaux dirigeants (un polytechnicien et un ingénieur arts et métiers) choisis par les nouveaux investisseurs, précipitent la chute de la société ;
En septembre 2002, la société se déclare en cessation de paiement et est placée en redressement judiciaire. La population de Romans et Bourg de Péage, manifeste en nombre pour soutenir l’emploi et défendre la survie des chausseurs de luxe de Romans-sur-Isère.
En décembre 2002, l’entreprise Kélian est présentée au tribunal de commerce de Romans. Deux repreneurs s’intéressent à la reprise de la Société : Gérard Kéloglanian, l’un des fondateurs de Kélian appuyé par un groupe de cadres de l’entreprise et Alain Duménil représentant de l’entreprise Smalto.
Le tribunal de commerce choisit Alain Duménil du groupe de luxe Francesco Smalto avec l’engagement de préserver 387 emplois. Cela ne sera pas suffisant pour sauver l’entreprise. La holding Alliance Designers, à laquelle appartient la marque Smalto, décide du démantèlement de la Société Stéphane Kélian et de la vente de la marque à un investisseur parisien. La société dépose le bilan en août 2005 et l’usine de Bourg-de-Péage, employant 146 personnes, est liquidée.
Gérard Keloglanian critique la gestion des nouveaux propriétaires, estimant que l’entreprise aurait pu être sauvée. Une enquête judiciaire est ouverte en septembre 2005 pour examiner d’éventuelles manœuvres frauduleuses dans le cadre de la liquidation et notamment la vente de la marque à l’étranger. Même si la condamnation en 2012 d’Alain Duménil à une peine de prison avec sursis, pour complicité de banqueroute confirme la mauvaise gestion, cela ne permettra pas de ressusciter l’entreprise Drômoise.
Il est en tous cas légitime de penser que le choix du projet présenté au tribunal de commerce par Gérard Kéloglanian et son équipe de professionnels de la chaussure aurait plus sûrement assuré la pérennité de l’entreprise.
La marque est rachetée en 2007, par le Groupe Royer qui essaie de la relancer avec une production externalisée à l’étranger. Malheureusement les efforts seront infructueux. A ce jour la marque Kélian est pratiquement abandonnée.
Près d’un siècle après sa création, c’est la fin d’une aventure industrielle familiale pour l’entreprise Kélian et celle de la fabrication de chaussures de luxe
Histoire de la chaussure à Romans : les débuts du groupe Stéphane Kélian.
L’histoire de la chaussure à Romans et de la marque Stephane Kélian prennent leurs origines en 1925 avec l’arrivée en France de Manuel Keloglanian et ses parents, réfugiés arméniens.
Manuel Keloglanian se marie en 1935. Avec son épouse ils auront 3 enfants : Georges, Gérard et Stephane.
En 1960, Georges et Gérard fondent un petit atelier de chaussures à Romans, employant cinq personnes. L’entreprise, spécialisée dans la fabrication de chaussures tressées classiques pour hommes, connaît une croissance progressive et déménage en 1970 à Bourg-de-Péage.
En 1975 Stéphane Kelian, le plus jeune de la fratrie, rejoint ses frères et les convaincs de se réorienter vers la chaussure féminine haut de gamme et de développer une politique de marque forte.
En 1977, la première collection de chaussures pour femmes diffusée sous la marque “Stéphane Kelian” remporte un succès immédiat. L’ouverture d’un premier magasin à Paris en 1978 marque le début d’une nouvelle stratégie commerciale, qui connaitra un immense succès.
L’entreprise se distingue par sa technique de tressage du cuir et son studio de création dynamique.
Simultanément Stephane Kélian organise un développement à l’international en incluant la maîtrise des points de vente, et une communication performante.







